Je ne suis pas pro de l'éducation canine. Je ne suis qu'une maîtresse de 46 ans, ayant plusieurs chiens de compagnie (petite et moyenne taille) et ayant dés mon plus jeune âge appris à éduquer un chien de compagnie de petite taille, de façon empirique, à la lumière de mes maigres lectures de l'époque. Ce n'est que ces dernières années que j'ai appris et découvert la méthode positive.

J'ai eu l'occasion de suivre avec mes chiens des cours individuels et collectifs auprès de différents éducateurs et j'en garde un bon souvenir général, sans abbatage théorique. Ces différents éducateurs n'étaient pas forcément des puristes de la méthode positive mais ils m'ont appris des manières d'agir tirées de cette méthode. J'ai dû aussi fuir certains, soit car leurs méthodes n'étaient pas adaptées au maître que je suis et ni au chien que j'avais, soit car je suis tombée dans le panneau d'une véritable manipulation mentale, même si involontaire et pûrement dûe de l'incompétence. On avait voulu me faire croire que mon nouveau chien avait un probléme, sur la base de théories généralistes, d' a priori sur la race, notamment, et ce, sans l'observation et le questionnement nécessaire. Un éducateur ne doit pas se transformer en voyant ou psycholgue de bas étage et il faut savoir user de notre bon sens. Il doit être là pour nous aider et non pas nous troubler l'esprit ou nous faire perdre notre temps. 

Alors que l'éducation de mes chiens ne m'avait jamais vraiment posé de cas conscience, j'ai commençé à voir mon esprit s'embrouiller quand j'ai voulu lire à ce sujet. Cela m'a forcé à fermer les livres pour mon dernier chien afin de retrouver mon "authenticité" de maître.

Aujourd'hui, après avoir lu, débattu, décortiqué les propos de certains, je me suis fait une certaine idée de l'esprit de cette méthode positive, telle que prise dans son application puriste. J'ai compris pourquoi, plus je lisais au sujet de cette méthode, plus je me perdais dans des questionnements inutiles.

Autant je ne suis pas une manuelle, et au contraire une intellectuelle, autant je fuis l'intellectualisation stérile et les fausses routes illogiques, les dogmes, les généralisations, les mode d'emploi, surtout quand il s'agit d'éducation. Chaque être est unique, le couple maître/chien aussi. La multitude de cas empêche la méthode "unique".

Mes propos sont à lire sous l'angle d'une piste de réflexions. La réflexion est évolutive, voici mon avis à l'instant T, au sujet des méthodes positives. 

Mes propos ici ne sont qu'une facette puisque je ne vais pas déveloper l'intérêt de cette méthode car pour moi il y a certaines évidences à ce niveau. Je développerai donc ses failles mais non pas dans un esprit négativiste mais constructif car je pense que la parole doit aussi être donnée aux maîtres. Je parle donc essentiellement en tant que maître de petits et moyens chiens de compagnie.

Je dirais cependant que le principal intérêt de cette méthode tient à la pratique de solutions éducatives intéressantes, agréables qui ont été bien plus profitables pour mes chiens que les anciennes méthodes. Pour eux le leurre ou le clicker est bien mieux adapté que la tension pour un assis ou couché. Mais les puristes de cette méthode n'ont pas le monopole des "bonnes pratiques" et la bonne pratique est avant tout celle qui est adaptée à tel chien en particulier. Cette méthode met aussi l'accent l'accent sur la remise en cause du maître, ce qui est bonne et heureuse chose mais elle n'a pas forcément aujourd'hui non plus le monopole de la réflexion autour du chien. De plus, la façon dont elle amène la réflexion me dérange. J'expliquerai pourquoi.

Ces derniers années les choses ont évolué en éducation canine avec l'émergence de la méthode positive et tous ceux qui n'adhérent pas à l'esprit "méthodes positives" sont classés dans les traditionnels ou "faux positifs". A ce jour, je ne suis ni pour telle une ou telle méthode mais anti méthode et surtout anti théorisation. Quelque part dire d'un éducateur qu'il est un "faux positif" n'est pas forcément une critique pour moi ! !

Selon moi, ce qui compte c'est le "réflechir chien " dans un esprit positif. Le maître doit avoir des connaissances basiques, réagir toujours avec cohérence et il doit assumer son rôle de maître. Le tout dans le respect du chien. Et puis et surtout on adapte l'éducation à son propre chien. Donc il n'y a pas de solution universelle. Or la méthode positive se veut universelle quant à sa définition de base, même si son application peut avoir des variantes bien entendu.

La méthode positive peut se résumer à appliquer le renforcement positif, bannir le renforcement négatif, la punition positive. On ignore les mauvais comportements et pour les corriger on applique la punition négative. Celle ci corrige alors que le renforcement positif dirige, sur la durée, vers le comportement adéquate. 

Définitions des termes :

Renforcement : pour augmenter la probabilité de répétition d'un comportement

Renforcement positif (R+) : il consiste à donner un stimulus agréable (récompense), qui augmente la fréquence d'apparition d'un comportement 

le renforcement négatif (R-) : il consiste à supprimer un stimulus désagréable ou douloureux ou inconfortable quand le chien se comporte bien. (tension avec sur une laisse pour forcer le chien à s'asseoir, se coucher etc..)

la punition positive (P+): elle consiste à ajouter  un stimulus désagréable ,dans le but de diminuer la fréquence d'apparition d'un comportement 
(coup de sonnettes pour la marche au pied, claques, cris ...)

la punition négative (P-): elle consiste a retirer  au chien ce qu'il veux obtenir à l'instant précis, dans le but de diminuer la fréquence d'apparition d'un comportement (le chien tire = le maitre se bloque , le chien saute pour obtenir l'attention = le maitre se détourne, le chien bouscule son maitre pour passer la porte avant lui = la porte se ferme ..)

Je ne me pose pas de questions sur l'application de cette méthode sur le terrain, surtout pour les chiots, les chiens qui font de l'agility, dog dancing. Elle est particulièremetn adaptée. Pour les chiens de travail je me pose la question mais je n'ai pas la lumière d'une telle expérience.

Mes propos ici vont essentiellement viser l'éducation à la maison, le quotidien avec le maître.

Avec cette méthode, appliquée strictement,  je vois à tous les coups un casse tête sans nom pour le maître. Concrétement je ne peux que penser que c'est de l'utopie que de croire que dans toutes circonstances et avec tout chien on peut respecter cette méthode définie tel que plus haut. A vous d'y réfléchir et de projeter des cas et des circonstances... Or, on sait qu'en terme d'éducation l'important c'est avant tout le travail du maître au quotidien. Le but n'est pas d'avoir un chien bien éduqué sur un terrain mais à la maison, et les deux ne sont pas forcément liés !

Au sujet de l'éducation canine, je crois qu'il faut distinguer plusieurs choses, d'une part la connaissance du chien et d'autre part la connaissance de la personnalité de notre chien, dans le cadre de notre relation avec lui, relation quotidienne, interactive.

 Dans la connaissance du chien en général, il y a les connaissances tirées de l'étude générale du chien mais aussi notre capacité à comprendre un chien en général. L'une est à acquérir et l'autre tient en grande partie à l'inné" mais peut se travailler bien entendu. 

La connaissance générale nous aide à affiner la compréhension de notre chien, à faire les bonnes choses. En cela elle est trés importante, d'autant plus que la capacité "innée" est variable d'une personne à l'autre. Mais cela reste une connaissance théorique, l'interprétation du cas par cas c'est tout autre chose.

Chaque chien est unique et chaque relation maître/chien aussi. Face à son chien ce qui compte c'est notre promptitude à le comprendre, à la lumière des circonstances précises et des codes canins. Cela ne peut pas se faire en récapitulant la théorie, en se noyant dans des débats éthologiques généraux, mais en se mettant avant tout dans la peau de son chien. Lorsqu'on apprend une langue étrangère, les progrès sont fulgurants à partir du moment où on réfléchit dans cette langue et où on ne "traduit" plus. Cela ne nous empêche pas de travailler nos connaissances de grammaire, orthographe etc..

Si on oublie cela, on tombe dans une sorte de "robotisation" de l'observation.  On perd le fil du contexte, de notre relation avec notre chien et on peut faire de mauvaises interprétations. On théorise alors qu'il faut décoder notre chien.

 Le jargon de la méthode positive me dérange car il se base sur un classement théorique entre positif et négatif. Ce jargon, sauf erreur de ma part, a été inventé pour l'éducation de l'enfant. 

Pour le chien, le plus important c'est sa compréhension car nous ne sommes pas de la même espèce. En rangeant nos actions dans des cadres types (p+ p- R+ R-) on détourne la réflexion du maître de la compréhension de son chien. On ne lui demande pas de réflechir "chien", d'avoir du bon sens, ni une attitude responsable. On lui inculque des types d'actions interdites en hypothéquant sur un traumatisme du chien, réel ou pas et peu importe le cas par cas. Finalement cela peut être perçu comme un bourrage de crâne sur le maître.

La présention de cette méthode, selon moi est mauvaise car elle ne pose aucune nuance, tant pour l'interdiction de la punition positive que pour le conseil d'ignorance. C'est un peu comme de la pub mensongère, un package "mode d'emploi gentil chien- gentil maître" bien utopique (Je ne fais là aucune allusion à une question de dominance).

On demande au maître d'ignorer les mauvais comportements ce qui, pris à la lettre, est un non sens et peut entraîner un grand malentendu quant à son rôle de "leader" ou "référent". 

Car ignorer, certes, mais il faut bien préciser "habilement", de manière à ce que le chien ne mémorise pas le "faux pas", car, avec un observateur comme l'est le chien, l'ignorance peut se transformer en acquiescement.Je ne suis pas certaine que tous ceux qui découvrent la méthode positive ait conscience de cette subtilité "évidente" car l'interdition de la punition positive peut les induire en erreur, s'ils n'ont pas un sens "inné" de la connaissance du chien.

Faire croire qu'il ne faut pas s'autoriser à montrer sa désaprobation, donc rappeler à l'ordre voire punir si nécessaire, cela peut être grave de conséquences sur certains chiens à l'affût des failles. J'en ai eu la preuve en me montrant indulgente face à un interdit, une fois. J'ai eu un comportement inadéquate en réponse le lendemain. Mon chien ne comprenait plus. Un autre n'aura pas saisi cette faille. Il faut connaître son chien et certains chiens ont besoin d'un cadre hyper strict. Cela ne veut pas dire que dans certains cas l'ignorance "habile" ne soit pas la solution, elle peut l'être, bien entendu.

Sur le renforcement négatif je ne m'étandrai pas. En terme d'apprentissage, le renforcement positif a largment fait ses preuves sur mes chiens de compagnie.
 Des exemples de d'apprentissage au R- sur des chiens d'exposition pour une statique me choquent. Quand le chien est limite de taillle on lui apprend à se baisser par un pincement.

Mais l'interdit de tout stimulis désagréable dans le cadre d'une punition positive me renvoit à une perplexité. Le chien est il vraiment un être traumatisable au moindre fait "désagréable" ? Alors même qu'entre eux, ils ne se gênent pas pour se "punir" ? Il ne s'agit pas de se conduire comme des bêtes avec eux mais quelles sont les limites ? On se le demande car toute punition positive est interdite.

Au quotidien, je ne traite pas mes chiens comme des animaux en sucre, mais c'est hors cadre "éducatif", c'est plus un contact relationnel je dirais. Je n'ai aucun cas de conscience à "bourrer" mon chien qui ne se pousse pas, ou ne bouge pas, par exemple, après mon ordre "place " ou "derrière". J'ose espérer que ce n'est pas grave...

"J'avoue" avoir déjà mis des claques donc de véritables punitions positives et je reconnais que c'était le signe de mon impuissance face à une désobéisance répétée dont le chien avait toute conscience. Mais je ne le fais pas sur n'importe quel chien et telle n'est pas la solution que je privilège, bien au contraire.Faut il regretter ces claques, grade ultime d'un rappel à l'ordre ? 

Le chien doit apprendre nos régles, ce n'est pas inné chez lui, du moins pas toutes les régles innombrables qu'on peut lui imposer. En cela le maître doit avoir l'intelligence de relativiser que le chien n'est pas à même de comprendre ce qu'il ne lui a pas appris.
 Donc le maître doit se remettre en cause : mon chien pouvait il savoir que ceci n'était pas à faire ? 

Si on convient de dire qu'il n'y a pas de dominance inter espece pourquoi bannir l'expression d'une désaprobation, d'une punition nuancée et adéquate ? Pourquoi bannir l'action / réaction ? C'est à dire que veut dire être leader, référent c'est à dire jouer son rôle de maître si on ne peut recadrer ? Pourquoi le recadrage par un humain serait il traumatisant et celui entre deux chiens acceptable ?

On répond que le chien ne serait pas capable de comprendre la punition positive, il peut l'assimiler à tout autre chose que le fait reproché. Personnellement, je pense que dans certains cas, effectivement c'est une vérité. Le chien apeuré par le mauvais regard du maître n'a pas forcément compris et même son anticipation ne signifie rien car il aurait observé des détails chez son maître qui lui font dire qu'il va être puni.

Mais dans de nombreux cas le chien est tout à fait capable de faire un lien. On rentre justement dans le cadre des conditions de la punition : elle doit être appliquée uniquement si le chien est en mesure de la comprendre. Donc cela nécessite une empathie, une réflexion "chien". Et selon, on décide ou pas d'agir et de graduer du rappel à l'ordre à la punition. 

Doit on faire croire, sous pretexte de l'existence de cas de maltraitance, de punitions adminsitrées de façon innoportune, que le chien est un bisounours qui doit être traité comme tel ? Il faut savoir aller au bout de ce qu'on théorise et se demander pourquoi certains voient dans la présentation de cette méthode la promotion du Chien Roi.

Par exemple : le cri est une punition positive à bannir. A t'on besoin de classer pour comprendre que hurler, vociférer c'est tout sauf du respect ? Il n'empêche qu'il faut être fort pour ne jamais "gueuler" après certains chiens ! Et tout peut dépendre aussi du caractére de chacun. Selon moi, c'est une histoire de contexte, de nuances ! Le maître, qui n'est pas toujours un individu au calme parfait, devrait il renoncer à ses humeurs, son tempérament. Le chien est il le bisounours fragile qui ne comprendra pas une punition positive ? Il pointe une amorce de culpabilisation qui va mal avec la notion de maître sûr de lui, référent de confiance. Et cela contredit les observations qu'un maître peut avoir. Il me semble avoir compris que parfois mon chien me teste. Selon certains jamais leurs chiens ne les testeraient. Soit. Est ce une vision antroporphiste alors de ma part ? J'en doute puisqu'entre eux les chiens se testent.

Par contre la méthode conseille, et je pense de façon trés logique, le AIE quand un chiot mordille trop fort pour travailler l'inhibition à la morsure, cela permet d'apprendre au chien qu'il peut faire mal. La maître est perdu alors car si l'éducateur ne le lui a pas expliqué, il est en doit de penser que le AIE est un cri...donc interdit. Et pourquoi là il comprend et si on le gronde il ne comprend pas ? Bref, c'est un casse tête ! SOS monsieur ou madame l'éducateur ! 

De même tirer sur la laisse est une punition positive. Mais qui n'aura jamais tirer sur une laisse ??? Il y a façon et façon de faire et c'est même pas la brusquerie qui sera inadéquate, selon moi, au contraire. Ou alors, il faut partir de l'idée que la laisse est à proscrire ! Malheuresuement elle est inévitable pour le chien citadin et il en va de sa sécurité. Même en apprentissage sur un chiot, un petit coup bref peut être nécessaire face à un blocage !  

Dans un article encensé dans les forums et par des défenseurs de la méthode positive, il est question d'une enquête qui aurait révélé que l'alpha roll sur un chien anxieux pratiqué au milieu de personnes inconnues le rend agressif ! Quelle nouveauté (humour) ! En quoi est ce étonnant ? Faut il en conclure que retourner un chien sur le dos fait partie des choses à ne surtout pas faire sans tenir compte du contexte et de la façon dont on le fait ? Cest absurde !  Mais certains repetent partout que l'alpha roll est dangereux.... Et sans faire de nuance ! Que peut comprendre le maître lambda ? Forcer, sur nos genoux, doucement son chiot à rester sur le dos est il un acte traumatisant et dangereux ? Il suffit de comprendre que le chien sur le dos est comme désarmé, il ne maîtrise plus la situation etc..de savoir qu'entre chiens c'est la position du soumis (d'où l'appellation alpha roll)  et ensuite c'est une question de bon sens ! C'est aussi une manière de faire apprendre la confiance, accepter la manipulation et pas forcément l'épreuve coércitive suprême ! Un chien équilibré dans un environnement rassurant peut être mis sur le dos sans aucun probléme et supportera même cette contrainte sans traumatisme ! A contrario, pas besoin d'être sur le dos pour que le chien soit traumatisé. Par exemple la postion couché sous une machine pour une échogaphie est trés mal prise pour un chien qui préféra un examen debout.

Dans ce même article on parle même de méthodes "coércitives", le mot est fort tout de même, pour un NON, sans autre précision. Même un ordre rentre dans le cadre des choses à ne pas faire pouvant s'assimiler à une puntion positive interdite ? Cela se complique ou je fais semblant d'être bête ? Entre le maître tortionnaire qui interdit à tout bout de champ et le maître qui cadre à bon escient, il y a une différence à faire tout de même ! Idem, entre le  "non" véhément à un gros chien de caractère et le même "non" qui sera bien trop véhément envers un petit chien sensible. (Et encore je passe sur les divergences sur le "non" sans qu'un autre mot appris soit associé. Là aussi on lit des débats, toujours généralistes...toujours théoriques...comme si tout le monde avait le même chien, comme si tous les chiens avaient le même maître...)

J'ai même lu que l'arrêt d'un renforcement positif pouvait être perçu comme une punition négative ! Et oui, on retire au chien sa récompense ! AU SECOURS !!

Que signifie ce jargon résumant une méthode qui se définit sans notion de circonstances et en dehors de toute échelle de graduation ? Surtout comment le maître doit il les comprendre ? Nécessairement le maître novice qui lit tout cela se dit qu'il lui faut absolument prendre des cours s'il veut être un bon maître...l'éducateur va lui expliquer tout cela...

Pourquoi cette présentation hermétique, annonciatrice de masturbation intellectuelle ? Sans doute le langage, la présentation est formatée lors des formations. Ces éducateurs sur leur site utilsent le jargon, la présentation qu'on leur a appris. Sur les forums les pros et les clients continuent sur la même lancée....Le jargon médical est vulgarisé que je sache. Votre médecin vous parle, j'ose l'espérer le plus simplement possible. Lisez une thèse, un ouvrage médical et vous comprendrez la différence.

Ce jargon de la méthode positive correspond pourtant à une vulgarisation et toute la pratique de la méthode n'est pas contenue dans sa présentation. Force est de se dire que la copie est à revoir pour une vulgarisation plus claire, sans malentendus dans la tête du maître !

Suis je vraiment de mauvaise foi en disant que cette façon d'appréhender appelle un certain laxisme, ou du moins y fait croire ? Les defenseurs de la méthode s'en défendent mais encore faut ils qu'ils comprennent les failles de la présentation de leur méthode.

Ce n'est pas le tout de ne pas recommander le laxisme dans les faits, il faut aussi que les mots pour expliquer une méthode soient en adéquation avec l'esprit à avoir réellement. Il y a quand même un risque de faire perdre de vue au maître son rôle de "leader" ou "référent". Les pro se reservent sans doute de les expliquer eux même à leurs clients.... Espérons qu'ils soient bien compris par le maître novice, souvent tenté par l'anthorpomorphisme (ou à l'opposé par un comportement bourrin...). Il y a donc une certaine responsabilité à avoir car cela s'adrese à tous les maîtres et tous n'en feront pas la même utilisation.

Le bon sens, la responsabilitation du maître reste le meilleur garde fou à la maltraitance selon moi.  

Qu'on arrête avec la théorisation, les cas généraux ! On n'aide pas les maîtres ! Et les maîtres ne s'aident pas eux même à se perdre là dedans.

Comprendre le chien, réfléchir à sa place selon les codes canins induit de réagir trés souvent selon les solutions pratiques de la méthode positive. Avec mes chiens, en tous cas, c'est ce que je fais sans même me demander si c'est j'applique telle méthode ou pas. La plupart des maîtres sont les Mr Jourdan de cette méthode et sans le savoir font du renforcment positif, de la punition négative, ignorent ce que leur bon sens leur dicte d'ignorer etc... Ils le font naturellement et il faut les laisser à leur naturel car la cohérence et l'authenticisme envers un chien est primordiale. En les obligeant à tomber dans les travers de l'analyse de leurs faits et gestes on ouvre la porte à l'hésitation fatale.

En interdisant la punition positive, on culpabilise à l'avance le maître alors qu'il vaut mieux lui faire comprendre la capacité émotionnelle d'un chien afin de le responsabiliser. Il sera alors capable de cerner la sensiblité de son chien et ainsi de s'auto appliquer des limites en fonction de son chien.

Il faut que le maître travaille sur son instinct, son intuition en le poussant à l'étude de son chien.

Il en reste que, avec cette vision éducative qui interdit la punition positive et prône l'ignorance, on peut facilement faire tomber le maître novice dans deux travers : l'incohérence par l'hésitation et l'antropomorphisme car ce jargon n'a rien à voir avec l'esprit du "langage chien" et ne permet pas au maître de comprendre sa place et son rôle.

Avec ce jargon le maître devient la marionnette téléguidée de son éducateur car il devra sans cesse le solliciter. Fais je bien ou fais je mal ? Est ce de la punition positive ou négative ? Est ce du renforcement positif ou négatif ? Tous les maîtres ne sont pas des intellectuels et je le dis sans connotation péjorative ! Car analyser ses actions est de l'intellectualisation à outrance. Homme et chien sont deux espèces différentes, chaque maître est par définition amené donc à se poser des questions. Inutile d'en rajouter et de faire perdre le fil de la relation, des circonstances.

Le meilleur éducateur, selon mon point de vue de maître,  c'est celui qui apprend au maître à regarder son chien, à réfléchir de façon emphatique, c'est à dire à se mettre à la place du chien, qui lui explique le comportement "chien" (sans se perdre dans les loups...) et qui le responsabilise au respect du chien.

Ensuite il lui donne des solutions pratiques, en fonction de SON chien, pour tel et tel cas, des astuces éducatives, il explique au cas par cas ce telle action ou tel comportement pourra signifier pour le chien et pourquoi ne pas la faire etc...

Bref, il lui ouvre le chemin vers le langage chien.

Sur ces points je ne suis jamais arrivée à échanger de façon constructive avec les pers pro méthodes positives. Ce ne sont que des dialogues de sourds. Certaines défendent la méthode positive à fond mais ne saisissent même pas la subtilité de mes propos ou plutôt refusent la remise en cause. D'autres la défendent mais n'ont même pas compris le jargon hermétique et ne retiennent que l'esprit "positif". Sur un exemple pratique j'appliquais moi même à 100 % la méthode positive et pas la personne qui la défendait ! Un comble qui prouve l'hermetisme de la présentation de cette méthode ainsi que son utopie.

Dans la majorité des cas, c'est à dire ceux qui ont bien compris la méthode positive, répondent généralités, bienfait de la méthode en termes de remise en cause du maître, réflexions etc..Je suis d'accord sauf que ceci a un corollaire et c'est justement le fond de mes propos. Selon moi cela aura l'effet  contraire quand il s'agit de maîtres non portés sur l'analyse intellectuelle ou qui n'ont pas un sens inné du chien.

De plus, si la méthode positve peut être la solution idéale pour certains chiens envers qui la contrainte est à proscrire, je ne suis absolument pas certaine qu'elle soit applicable à 100 % pour d'autres.

Mon idée n'était donc pas de critiquer toute une méthode mais de soulever des failles dans tout ce que je lis à son sujet et qui me semblent être importantes.

Certes on m'a répondu un éducateur n'est pas une méthode. Oui cela devrait être ainsi. Car pour moi il n'y a pas de méthode, il y a "réfléchir chien". Force est de voir qu'il existe bien un clivage clan traditionnel et clan méthode positive.  Ceux de la méthode positive sont d'ailleurs les seuls sur le net, à ce jour, à avoir établi un réseau. Libre à eux mais c'est bien la preuve de l'appartenance à un groupe autour d'une méthode. Je n'en dirais pas plus mais pour certains on frôle avec le sectarisme, avec tout une clique de "groupies", leurs clients.

On m'a dit je n'étais pas qualifiée. Réfléchir n'est pas le seul apanage des pros qualifiés ! Ma réfléxion se veut en dehors de toute "pratique" qui nécessiterait une expérience réservée aux professionnels et porte essentiellement sur la présentation théorique de cette méthode telle qu'elle peut être comprise par un maître. Je puise donc ma réflexion à partir de ma cervelle et de mon expérience de maître. Je suis capable de discerner ce qui embrouille un maître et les failles d'une vision qui ne prend pas par le bon bout les choses à comprendre pour devenir un bon maître.  Je dénonce une intellectualisation nauséabonde qui frise la pensée unique dans un domaine où la diversité de cas est une évidence.

Je ne suis ni méthodes traditionelle, ni méthodes positives. Je suis pour celui qui me parle "langage chien" et qui me propose la bonne méthode pour mon chien. Me plonger dans le jargon du R+ R- P+ P- qui interdit le R -, le P - m'étouffe l'esprit même si, au bout du compte, ce sont les solutions de la méthode positive qui sont ma base éducative.